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Connaissez-vous les séries TV britanniques ?

Les français ne jurent que par les séries TV américaines, les téléchargeant avant même leur localisation dans notre pays. Toutefois, le public gaulois a (re)découvert ces dernières années l’existence d’œuvres venant de l'autre côte de la manche.

Tout le monde connaît les séries cultes anglaises Chapeau Melon et Bottes de Cuir, Amicalement Votre ou Le Prisonnier. Jusqu'à récemment, en dehors de ces quelques œuvres, il était difficile de nommer une série TV britannique. Cependant, depuis le début des années 2000, les productions audiovisuelles anglaises ont bien changé. Cet article n'a pas pour objectif d'analyser le succès d'une série en particulier mais de présenter aux non-initiés la richesse de cette industrie, en espérant oublier le moins d'aspects possibles.

LE PAYSAGE TELEVISUEL

À l'inverse de la France, le milieu audiovisuel britannique est dominé par la télévision publique, chose logique quand on connaît l'importance de la BBC dans l'histoire de la télévision mondiale. Le groupe public est le leader du paysage audiovisuel au Royaume-Uni et possède une incroyable assise financière, ce qui a son importance quand il s'agit de produire de nouveaux formats et séries télévisées. Avec la BBC One, BBC Two, BBC Three et BBC Four, le groupe remplit les mêmes fonctions que France Télévision. La part de marché globale de la BBC au Royaume-Uni était en 2013 de moins de 30%, ce qui est similaire à son homologue français.

Cependant, en France, c'est TF1, une chaîne privée, qui domine le marché face au groupe étatique en capte carrément les 100 meilleures audiences annuelles, faisant d'elle la chaine numéro 1 en Europe. Le premier concurrent de la BBC est la chaîne privée ITV. Elle ne dépasse pas les 20% d'audience, loin de là, mais reste assez populaire grâce à des programmes forts. Née de la fusion de chaînes régionales en 2002, IT1 est la 3ème chaîne du pays après BBC One et BBC Two. Le groupe ITV se décline lui aussi en plusieurs chaînes. Le reste du marché est très éclaté mais on notera à environ 5% d'audience chacune Channel 4 et Channel 5, puis les bouquets spécialisés comme Sky, le spécialiste du sport, équivalent à Canal +.

Il existe de nombreux liens commerciaux entre les groupes audiovisuels anglais et américains. Outre la langue commune, ces groupes partagent un système publicitaire agressif (coupure pub toutes les 20 min pour les britanniques, toutes les 7 aux USA) et une propension importante des consommateurs à souscrire aux services payants. La publicité reste stable, tout comme la redevance télévisuelle. La croissance des chaînes numériques grignote des parts d'audience aux chaînes historiques au Royaume-uni. La population britannique étant d'une taille similaire à la France, il n'y a pas un bassin de consommateurs plus important, à la différence des USA, un marché 5 fois plus peuplé. Pourquoi la production est-elle différente ?

UN FORMAT PARTICULIER

La coupure publicitaire, qui a lieu toutes les 20 minutes, impacte forcément la diffusion d'un programme. Regardez une série TV américaine et vous remarquerez les coupures effectuées toutes les 5-7 minutes. Cela permet de proposer des épisodes de 20 minutes pour les comédies en prime-time, chose impensable en France. Quand TF1, France 2 ou M6 diffuse une série américaine de 40 minutes, elle en propose 2 ou 3 d'affilé pour respecter 1h30 ou 2h10 de diffusion, notre seconde partie de soirée débutant entre 22h30 et 23h10. C'est une des raisons pour laquelle nous avions il y a encore 10 ans des séries françaises avec des épisodes longs d'une heure et demi, comme un film. Le format a été modifié pour s'adapter au format international influencé par le marché anglo-saxon. Le format anglais habituel d'un épisode d'une série est de 50 minutes, parfois 80 minutes. Avec un format de 26 minutes pour les comédies, on peut diffuser deux épisodes. La France se distingue de son côté par ses programmes courts comiques diffusés à la chaîne.

Adeptes des téléfilms dans les années 60, l'industrie audiovisuelle britannique a adopté dans les années 80 le format épisodique pour s'adapter au marché publicitaire. Cependant, en conservant un rythme de production plus lent et moins pharaonique que les américains, les chaînes proposent l'équivalent de mini-séries (ce que fait HBO). Dépassant rarement les 10 épisodes, avec souvent 4 à 6 épisodes seulement par saison, les séries britannique condensent l'intrigue pour ne pas la diluer comme leurs consœurs américaines qui ont souvent des problèmes de rythmes tout au long des 24 épisodes réglementaires (sur les networks, la norme étant différente sur le cable pour des raisons budgétaires puis créatives). De plus, une série anglaise ne dure pas dans le temps, dépassant rarement les 5-6 ans de diffusion, même en cas de succès incontesté. Elles sont souvent écrites par leur créateurs (à l'opposé des pôles d'une dizaine de scénaristes aux USA) et meurent avec le départ de leur star. Les soaps sont bien sûr différents.

Les fans de séries TV anglaises (oui, il en existe) louent la qualité d'écriture, la prise de risque, l'audace, le jeu des acteurs, les sujets abordés (politique, violence, sexe) et surtout le rythme effréné des saisons. On ne s’ennuie pas avec ces séries, car il n'existe pas d'épisodes bouche-trou. Il y a bien sûr des épisodes plus faibles que d'autres, mais ces derniers sont bien souvent liés à l'essoufflement de la série. En effet, avec des pitchs forts, les shows anglais surprennent les spectateurs et les rendent rapidement accroc dès la saison 1. Difficile ensuite de conserver une qualité soutenue sur la durée. On est de nombreuses fois déçus par les dernières saisons, entre départs d'acteurs et scénarios moins accrocheurs.  

LES THEMES ABORDES

Passons maintenant au cœur du sujet : les séries ! Nous pouvons distinguer trois types de séries britanniques capables de se démarquer du reste de la production mondiale. Tout d'abord, celle mettant en scène des enquêtes policières menées par des stars. Sherlock (Benedict Cumberbatch et Martin Freeman) conte les aventures contemporaine du célèbre détective. Il y aussi Luther (Idris Elba), l'histoire d'un flic très intelligent qui a du mal à contrôler ses émotions quand il traque les sérial-killers londoniens, ce qui l'entraîne toujours dans des pièges sordides. Broadchurch (David Tennant) se focalise sur l'assassinat d'un jeune garçon dans une bourgade côtière. The Fall (Gillian Anderson) nous mène elle-aussi sur la piste d'un sérial-killer, mais cette fois en Irlande du Nord. Plus original, Life On Mars qui s'attarde sur la vie d'un policier vivant en 2006 et qui se réveille un jour en 1973. Enfin, comment ne pas citer MI-5, la série d'espionnage mettant en scène des agents du renseignement intérieur (10 saisons au compteur !)

Le Royaume-Uni est connu pour sa violence, mais c'est aussi un endroit où la vie est parfois curieuse. The Office (Ricky Gervais) dépeint le quotidien loufoque d'employés de bureau. Shameless s'inspire de la vie d'une famille complètemen tarée, alors que Downton Abbey fait renaître la grandeur de la noblesse anglaise avant la Première Guerre Mondiale (un véritable bijou). À l'opposé, Skins s'attarde sur la décadence et la débauche de la jeunesse britannique. Black Mirror anticipe des situations surréalistes en nous présentant des réalités pour le moins déroutantes. Sinon, Queer As Folk a changé la vision de l'homosexualité en 1999, alors que House of Saddam s'attache à représenter la folie qui entourait la famille de ce dictateur.

Si les mini-séries britanniques sont à l'aise avec les scénario historiques, elles n'hésitent pas à s'aventurer du côté du fantastique. Entre Robin des Bois et Merlin, ce sont deux légendes de l'histoire d'Avalon qui ravissent les fans pendant plusieurs saisons. Il y a parfois des ovni comme Dead Set où les participants d'une télé-réalité découvrent que le monde extérieur a succombé à infection zombie. Being Human met en scène trois colocataires extraordinaires : un loup-garou, un vampire et un fantôme. Pas sûr qu'ils veuillent accueillir les joyeux zozos de Misfits, ces jeunes délinquants qui se découvrent des super-pouvoirs complètement idiots. On n'oublie pas Utopia, le dernier frisson de la scène anglaise au pitch improbable (les héros sont pourchassés par une organisation secrète parce qu'ils possèdent une bande dessinée). Pour finir, Doctor Who, la série anglaise par excellence aux 34 saisons ! Il est question des aventures d'un extraterrestre sur Terre en compagnie d'un allié humain. Chaque fois que le Docteur meurt, il renaît sous une nouvelle apparence (donc un nouvel acteur) pour des aventures toujours plus folles !  

Il serait intéressant de réaliser le même exercice pour la production française qui possède elle-aussi, malgré les critiques de certains, de belles œuvres audiovisuelles. À l'avenir, surveillez bien la rentrée TV en Angleterre si vous êtes lassé de la production américaine, vous trouverez sûrement quelque chose à votre goût. D'ici là, de nombreuses séries vous attendent, donc ne dites plus que vous n'avez rien à regarder !

3 commentaires

  1. Freerze
    Le 11 février 2015 à 14:15

    Excellent article Je rajoute Ashes to Ashes, la suite de Life on Mars largement aussi bonne, Mad Dogs (avec 2 acteurs de life on Mars et quelques autres) où une bande de potes se retrouve traquée par la mafia locale et accumule les mauvais choix (la fin est très décevante mais la série est excellente) Et il faut noter Les Arnaqueurs VIP avec entre autres Robert Vaughn pas toujours limpide mais assez addictif.

  2. Farid
    Le 12 février 2015 à 20:43

    Merci ! Les Arnaqueurs VIP passait sur M6 y'a quelques années, non ?

  3. jo
    Le 01 novembre 2017 à 11:39

    je rajoute the it crowd, série à ne pas manquer!

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