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Ôban Star Racers, à la poursuite du Prix Ultime

Quand une course doit décider qui obtiendra un pouvoir immense sur toute la galaxie. Voici Ôban Star Racers.

C’est en 2006 que la France voyait apparaître sur ses écrans Ôban Star Racers, une série Franco-japonaise qui avait tout pour devenir une grande. Servie par une bande annonce qui avait alléché bien des fans, enfin, elle se concrétisait.

Concourir pour survivre

Eva Wei est une jeune fille qui a grandi dans un pensionnat et qui se languit de son père, Don Wei, grand manager de Star Racing. En effet, celui-ci n’est plus venu la voir ni n’a donné de nouvelles depuis 10 ans (ça commence à faire sacrément long en effet) et elle en est désespérée. Elle décide alors de fuguer et de partir retrouver ce père qui lui manque tant. Mais la déception est terrible quand elle se retrouve enfin face à lui car il ne la reconnaît pas. Elle se fait donc appeler Molly et se fait recruter dans son équipe en tant que mécano.

C’est alors que le président de la coalition Terrienne réquisitionne Don Wei pour participer à une grande course galactique sur la planète Ôban. Là, l’avenir de l’univers se jouera. Car toutes les peuplades qui composent l’espace vont s’affronter afin de remporter le Prix Ultime. Don Wei a de quoi être motivé: le président lui apprend sous le sceau du secret que la Terre en a grand besoin. En effet, les Crogs, une peuplade belliqueuse, qui avaient tenté d’envahir la Planète Bleue ont renoncé à ce projet à cause de la trêve obligatoire avant la courses. Et seule cette fameuse récompense peut à présent les sauver de leurs ennemis. Molly s’envole alors clandestinement avec l’équipe de son père afin de remporter la plus grande victoire de leur vie.

Un Court métrage qui a fait son effet

Ôban Star Racers est d’abord une oeuvre française dont le concept a été créé par Savin Yeat-Eiffel, qui a monté en 1998 une société de production Sav! The World Production. En 2001, il va commencer par réaliser avec Thomas Romain un court métrage nommé Molly Star Racer, qui remporte un franc succès et gagne même un LEAF Award (London Effect and Animation Festival). Il fait également son petit effet sur la toile et donne diablement envie, à ceux qui l’ont vu, de découvrir ce que le studio leur réserve. Car l’annonce de la production d’une série avait été faite.

Si l’on se penche sur ce court métrage, que je trouve juste génial, tout a été fait en fonction de Trust, la chanson interprétée par Hayumi Hamasaki, une star japonaise très populaire chez les Nippons. Les actes, sauts, chocs, tout est en parfaite harmonie avec le rythme et répond très bien à la dynamique des mélodies. L’image en 2D et 3D est également très chouette et donne un petit aperçu de la technique qui sera employée plus tard dans la série.

Un projet franco-japonais

Après 6 ans de développement, va intervenir un studio japonais dans la création de ce qui va devenir Ôban Star Racers : HAL Films Maker (qui va fusionner en 2009 avec Yumeta Company pour former TYO animations) et qui a déjà produit des séries comme Saber Marionnette ou encore Aria the Animation. Bandai Visual ainsi que la chaîne France 3 vont aussi participer au projet.

Pour la première fois dans l’histoire de coopération des deux pays, les créateurs français vont partir au Japon et ainsi y travailler pendant 2 ans et demi sans relâche afin de coopérer au mieux avec leurs collaborateurs nippons. Cette interaction directe va permettre une meilleure communication et des délais plus courts dans la réalisation du projet.

La 2D alliée à la 3D

Ce qui fait partie des points forts de la série est cette insertion très réussie de la 3D dans la 2D. Les courses de Star Racers sont très dynamiques et sont vraiment agréables à regarder. Les paysages sont très sympathiques et j’ai personnellement du mal à distinguer les deux visuels. On les remarque un peu sur l’eau parfois, mais c’est plutôt en bien qu’en mal.

Cela donne une dimension colorée et plutôt agréable à l’oeil et qui nous plonge plus efficacement dans les paysages. Les couleurs pop donnent cette nette impression d’être sur une autre planète et contribuent au dépaysement.

Les personnages, une fois intégrés dans tout ça, ne font pas cheveu dans la soupe et évoluent de manière fluide et bien construite.  On ne voit pas de grosse différence qui pourrait nous faire froncer le nez en disant que c’est vraiment mal fichu. Non, on prend plaisir devant son écran et même 10 ans après, ni le dessin, ni les images n’ont vieilli. On ne peut pas dire ça de tous les dessins animés, vous serez d’accord avec moi.

Un design énergique et atypique

Je trouve que le character design de ce dessin animé est très réussi et assez atypique. Bon, il est vrai que de prime abord, des personnages dépourvus de nez peuvent déstabiliser le spectateur. Mais une fois qu’on est habitué, ça passe très bien et je suis devenue personnellement assez fan. Mention spéciale pour le prince que je trouve très réussi (ça se voit que je bave ?).

Les extraterrestres ont des designs plutôt variés et originaux. On ne s’ennuie pas en découvrant de nouvelles peuplades et de nouvelles apparences physiques. Et tous les Stars racers sont assez différents pour ne pas nous lasser à leur vue.

Pour revenir aux courses, je trouve que le fait qu’elles ne durent pas plus d’un épisode au début est très agréable, je n’aurais pas supporté de voir encore un dessin animé du genre de Captain Tsubasa où les matchs durent entre 2h et 6h ou encore Dragon Ball Z où un combat dure également dans ses eaux-là. Tout cela fait que le style est plutôt nerveux et ne laisse pas la place à l’ennui de la répétition.

Une histoire pas si quiche que ça

Alors lue comme ça, l’histoire d’Ôban Star Racer peut sembler assez basique : le monde est en danger, il faut le sauver, on envoie des héros au casse pipe. Mais quand on se donne la peine de creuser un peu plus loin que ça, on réalise que les sujets sont un peu plus profonds que cela.

D’abord, il y a cette relation assez compliquée entre le père et la fille. Enfin, compliquée, inexistante devrais-je dire. Et c’est ce lien existant-inexistant la base de tout finalement. Eva/Molly est en pleine crise d’adolescence et en quête de reconnaissance de la part de son père et va s’embarquer dans cette histoire juste pour rester auprès de lui. Je trouve ça très cruel pour elle, ne même pas être reconnue par son propre père alors qu’elle l’adule ! La claque ! Tout le long de la série, nous assisterons à cette danse en colin maillard en nous demandant si le père n’est pas un peu abruti sur les bords. Mais quand on souffre, on aime se mettre des oeillères… Je n’en dirai pas plus.

Ensuite, il y a un mystérieux médaillon qui va pointer le bout de son nez et on se demande à quoi il peut bien servir. Cet objet qu’a retrouvé Rick, le premier pilote de star racer, constitue une énigme que nous aimerions bien résoudre. Mais je ne vous en dis pas plus.

De la musique de qualité

Si déjà dans la version pilote, on avait droit à une musique dynamique et super rythmée, en l'occurrence la version remixée de Trust de la star incontestée de l’époque Hayumi Hamasaki dont je vous ai parlé tout à l’heure, la version en 26 épisodes se pare d’une musique de qualité.

II faut savoir que Yôko Kanno, la compositrice des musiques de séries telles que Cow Boy Be bop, Lodoss, Arjuna, rien que ça, a composé les génériques de début et de fin. Pour le générique de début, c’est Akino Arai (qui a composé les musiques de Noir) qui interprète la chanson. Et pour la bande originale, c’est Taku Iwasaki l’auteur des musiques de séries comme Witch Hunter Robin, Yakitate Ja-pan ou encore Noragami qui va nous en mettre plein les oreilles. Je crois qu’on aurait pu trouver pire, n’est-il pas ? En tout cas, je me régale auditivement personnellement.

Si vous n’avez pas eu le plaisir de suivre la série en 2006, je vous conseille de réparer cette omission. Vous y découvrirez un dessin animé plein de bonnes choses et qui fait passer vraiment un excellent moment.

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