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Assassination Classroom : Quand le programme scolaire est de devenir un assassin

"Nous sommes des assassins et notre cible est notre professeur".

Ces paroles sont celles du personnage principal et narrateur de toute l'histoire : Nagisa Shiota. Avec une apparence à la fois masculine et féminine, c'est lui que les lecteurs vont suivre sous la plume de son auteur et dessinateur Yûsei Matsui.

Pour ma part, j'ai découvert ce manga par pur hasard (une promotion sur les deux premiers tomes) et j'ai directement accroché. Malheureusement, malgré que la série soit finie depuis juillet 2016 au Japon, tous les tomes ne sont pas encore publiés en France. J'en ai donc profité pour regarder l'anime TV qui lui est complet en version française et je souhaite donc vous parlez de cet énorme coup de cœur que j'ai eu pour cette histoire.

Aucun spoiler, je vous le promets, juste tout faire pour vous convaincre de vous lancer vous aussi dans cette histoire d'élèves assassins malgré eux !

I – Il ETAIT UNE FOIS, UN POULPE ...

Un jour, 70% de la Lune s'est retrouvée explosée.

Une créature étrange, jaune et ressemblant à un poulpe pleins de tentacule s'est présenté aux différents gouvernements du monde en avouant être responsable de la destruction de la Lune. Il a continué en expliquant qu'en Mars prochain, s'il n'était pas tué avant, il fera alors exploser dans la totalité notre planète : la Terre. Les différents gouvernements se sont alors associés pour tenter d'abattre la créature, mais hélas pour eux il est totalement insensible aux armes à feu et bombes. Seul peut l'affecter, des billes en plastique (totalement inoffensif pour les humains) ou autres armes dans cette même matière. Malheureusement, le poulpe à une autre particularité, il peut se déplacer à la vitesse du son Match 2.0 (soit grossièrement 24 696 kilomètres par heure).

Impossible alors pour les différents états et forces spéciales de le surveiller et mettre en place une attaque pour le tuer. Le gouvernement japonais va alors accepter une requête de la créature : être le professeur de la classe 3-E du prestigieux collège de Kunugigaoka. Ils vont alors pouvoir le surveiller au quotidien le « professeur » grâce à un agent du ministère de la défense Tadaomi Karasuma, qui va lui aussi prendre en charge la classe tout en veillant à garder le secret sur la mission qui va être en cours. Car en effet, les élèves de cette classe vont, au moment de la rentrée scolaire (qui est en mars au japon), découvrir que leur nouveau professeur n'est autre qu'une cible pour l’État et qu'en plus du programme scolaire, ils vont devoir apprendre à devenir des assassins. Et pour les motiver, le gouvernement le promet une récompenses de 10 milliards de yens pour celui qui réussira la mission.

Les élèves vont alors avoir carte blanche et pouvoir recourir à tous les moyens qu'ils veulent pour assassiner leur étrange enseignant car ce dernier a signé une clause comme quoi il s'engageait à ne faire de mal à aucun de ses élèves. Un lien fort va alors se crée entre les élèves de cette classe et leur nouveau professeur qui va être surnommé par ses derniers Koro-Sensei (Sensei voulant dire professeur en japonais et Koro qui ne peut être tué).

II – UN AUTEUR INCONNU QUI SUIT SA TENTACULE

Entièrement écrit et dessiné par le mangaka japonais Yûsei Matsui, il a fait connaître son œuvre en la publiant dans le magazine japonais Weekly Shônen Jump. Il va publier un chapitre entre juillet 2012 et mars 2016, ce qui au total, va voir paraître 21 tomes pour ce manga. Il était très peu connu avant pour ses autres écrits et il va être très touché par le succès que va connaître Assassination Classroom, notamment grâce à l'engouement du publics pour ses personnages. Il va alors organiser, via le magazine, des concours de dessins, enquêtes et autres exercices (comme s'il était lui même un professeur) pour faire vivre son histoire dans les mains de ses fans.

Yûsei Matsui a expliqué qu'il avait dès le départ connaissance de la fin de son histoire et que malgré les différentes offres, il n'a jamais voulu changer et savez quand le dernier chapitre serait publié. Et on ne peut que l'applaudir, car son pari a été totalement réussi puisque très vite son histoire s'est vu être traduite en anglais et une série animée produite par Lerche a été diffusé entre janvier 2015 et juin 2016 au Japon, comprenant ainsi 2 saisons d'une vingtaine d'épisodes chacune. La plate-forme de vidéo en ligne Netflix va d'ailleurs racheter les droits pour pouvoir diffuser partout dans le monde cet animé.

En France, la maison d'édition Kana a commencé à publier le premier tome d'Assassination Classroom en octobre 2013 et aujourd'hui on ne compte que 19 tomes parus (le dernier à la date du 02 février 2018). Étant trop impatiente pour attendre de connaître la fin de cette histoire incroyable et tellement prenante, je me suis alors tournée vers la série animée pour connaître la fin. Et je n'ai aujourd'hui aucun regret de connaître maintenant la fin tout en continuant à lire les mangas et cela je vous l'explique maintenant.

III – QUAND UN ANIME EST COMPLÉMENTAIRE À SON OEUVRE ORIGINALE

Yûsei Matsui recommande lui-même aux fans de son manga de regarder l'animé et en effet dès le premier épisode j'ai compris pourquoi.

L'animé est extrêmement bien travaillé et le studio de production Lerche se tient à respecter minutieusement le travail de l'auteur. Dialogues, décors, tout correspond parfaitement à ce qu'on a pu lire sur papier. Vous devez alors vous dire, quel intérêt y-a-t-il à regarder un animé qui est une copie conforme d'un histoire que l'on connaît déjà ? Car en réalité, les deux sont complémentaires !

Pour le comprendre, il faut savoir que Koro-Sensei a un visage et un corps neutre de couleur jaune, mais en fonction de son humeur, son visage change de couleur. Difficile donc dans un manga en noir et blanc de voir ses différentes expressions. L'auteur avait alors trouvé l'idée de rajouter sur ses dessins des symboles sur le visage de l'homme poulpe pour que nous, lecteurs, puissions suivre son changement de caractère au fils des pages : un rond sur son visage quand il est heureux, une croix quand il n'est pas satisfait, etc.

Évidemment pour le lecteur cela revenait à apprendre (comme si nous étions ses élèves) chaque symbole pour arriver à suivre les humeurs du professeur. Avec l'animé et ses couleurs, la leçon est devenu beaucoup plus simple à retenir : le cercle apparaît quand son visage est orange, la croix quand il est violet. Avec le mélange couleur/symbole, il nous est alors plus facile de connaître l'humeur du personnage. Il faut comprendre que Koro a en tout onze couleurs différentes pour représenter ses émotions et certaine que l'on ne découvre que très tardivement.

Mais pour vous rassurer, notre cher narrateur Nagisa, prend des notes sur chaque changement d'humeur de Koro-Sensei et il a la gentillesse de les partager avec nous dans le manga et pense à nous rappeler ce que le symbole signifie (oui, en gros on a pas besoin de réviser, on a une super anti-sèche comme camarade de classe).

Tout cela pour expliquer que l'animé apparaît alors comme parfaitement réalisé et qui met clairement en avant le travail de Yûsei Matsui. Et évidemment cela n'est pas seulement un jeu de couleur, mais à une importance forte pour nous faire passer des messages forts que l'auteur souhaite partager à un grand public.

IV – LES TENTACULES DROITS DE KORO ...

Au Japon, il faut savoir que l'enseignement est quelque chose de primordial et les parents n'hésitent pas à s'endetter pour la réussites scolaires de leurs enfants. Ici, notre histoire se passe dans un collège privé, dirigé par une main de fer par le Proviseur Gakuhô Asano et ses méthodes d'enseignement très particulière, mais qui lui ont permis de voir son école, Kunugigosha, être reconnue parmi les plus prestigieuse du pays. Son enseignement est simple, en 3ème année il y a 5 classes (A, B, C, D et E) où se trouvent, classé selon leur niveau, chaque élève. La classe 3-A étant l'élite et à l'inverse donc, les élèves de la classe 3-E sont les plus mauvais. Ils sont surnommée « la classe de l'échec » et n'ont plus accès à l'établissement principal (activité sportive, club scolaire, cantine, etc.). Et ils sont évidemment victimes d'une grande discrimination (encouragée par le collège lui même) de la part des autres élèves.

Koro-Sensei a demandé à enseigner spécialement dans cette classe, soit disant remplis d'élèves médiocres. Au départ, le gouvernement n'a pas compris cette demande. Pourquoi eux ? Après, comme la classe se trouve en dehors de l'établissement principal, les autorités ont vite accepté les conditions du « professeur » car cela était plus simple pour le surveiller et mettre en place des missions d'assassinats.

On va alors retrouver deux personnages qui vont servir de bras droits pour surveiller Koro, aider les élèves dans leurs apprentissages pour tuer leur professeur, mais également qui devront eux aussi apprendre à enseigner …

V – … ET SES AUTRES TENTACULES.

Dans cette classe on retrouve deux autres « professeurs » qui sont là pour officiellement épauler Koro, mais officieusement le surveiller et si possible le tuer. On retrouve d'abord Karasuma. Professeur principal lors des rendez-vous au sein du collège devant le proviseur, il est chargé des cours d'EPS/Assassinat. Travaillant pour le ministère de la Défense japonaise, il se charge de faire des comptes rendus réguliers sur l'évolution de la mission. Ancien professeur dans l'armée, il va au fil des pages apprendre à changer ses méthodes d'enseignement pour les adapter face à des élèves qu'une quinzaine d'année. Un de mes personnage coup de cœur, je vous l'avoue. On a ensuite une professeur en langue étrangère : Irina Jekavic, qui va dès le départ se faire surnommer « Professeur Pouffe » par les élèves à cause de son apparence plutôt vulgaire. Il s'agit d'une tueuse professionnelle qui utilise ses charmes pour parvenir à ses fins et qui a tué des hommes d'affaires importants aux quatre coins de notre monde (d'où sa maîtrise parfaite de nombreuses langues). Au départ mise à l'écart par les élèves, elle va finir par s'attacher à eux et commencer à changer de style pour reprendre une place normale dans la société.

Et enfin, nous allons parler des personnages les plus importants : les élèves. La classe 3-E compte 28 élèves. Tous ne sont pas arrivés ici à cause de leur mauvaises notes, bien au contraire, dès fois juste à cause d'un manquement au règlement ou de leur caractère qui les a fait exclure du bâtiment principal. L'auteur a d'ailleurs fait en sorte que chacun de ses jeunes puisse avoir au moins un chapitre sur lui, pour le mettre en valeur et nous permettre de mieux comprendre comment il en est arrivé là.

Mais à l'arrivée, on retrouve trois élèves qui sont réellement les personnages centraux. On a d'abord notre narrateur, Nagisa. Un élève vraiment très attachant et qui nous aide à apprendre et comprendre la pression de l'enseignement dont sont victimes chaque élèves. Vient ensuite sa meilleure amie, Kaede Kayano, qui reste une jeune fille très discrète, mais soutient chacun des autres élèves dans leur projet d'assassinat et essaye de donner son maximum pour que chaque essaie réussisse. Et pour terminer nous avons Karma Akabane, qui se trouve être un surdoué, mais surtout un véritable leader : manipulateur et sournois, il pousse chaque élève à aller plus loin dans leurs techniques pour réussir un assassinat parfait. Il est arrivé dans cette classe justement à cause de son comportement, car il s'est battu avec de nombreux élèves du bâtiment principal.

C'est trois là forment un vrai trio complice, soutenu par leurs professeurs, Koro-Sensei en tête (oui oui, il pousse et aide ses élèves pour qu'ils réussissent à l'assassiner) et également les autres élèves. Une véritable cohésion va alors se créer dans ce groupe regroupant des personnages tous très différents, mais qui vont tout faire pour ne former qu'un et réussir ceux pour quoi ils vont étudier une année entière : devenir assassin.


Au départ, Assassination Classroom nous parle d'assassinat, encore et encore. Et pourtant, très vite on comprend le véritable sens de cette histoire : on ne peut pas être parfait en tout. On a tous des lacunes, des difficultés que cela soit dans des matières scolaires ou pour trouver notre place dans un environnent sociale, mais ce n'est pas sur cela que l'on doit se concentrer. On doit se focaliser sur nos points forts ! Les développer encore et encore, profiter de ce que l'on aime et à l'arrivée atteindre notre buts grâce à eux. Un manga et un animé qui nous transmettent un très beau message et une véritable moral sur les capacités de chacun pour trouver notre voie dans l'avenir. On est tous différents, mais ce sont nos différences qui font progresser le monde.

1 commentaire

  1. Bart
    Le 25 mars 2018 à 09:05

    J'ai découvert Assassination Classroom via l'anime sur Netflix et j'ai vraiment bien accroché, et j'espère me faire le manga un jour mais la perspective de rattraper 21 tomes me freine un peu. Espérons que Kana lance des intégrales pour m'aider à me lancer

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