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Kaeloo, voyage au pays de la rigolade

Un pays idyllique, des habitants trop mignons, des jeux bizarres. Bienvenue, vous êtes dans le monde fabuleux de Kaeloo.

Kaeloo est une série de dessins animés français, et bien ficelés il est vital de le dire, en format court (hors épisodes spéciaux) destiné à un public familial doté d’une lecture à deux niveaux. Le tout dans un ton volontairement barré, déglingué et tellement humoristique qu’on en a mal aux zygomatiques.

Si on jouait à… retracer les origines

Pour commencer, je vais peut-être vous expliquer d’où vient le nom du personnage et de la série. Eh bien, ce n’est pas tout de suite évident comme ça, mais ce nom vient du japonais “kaeru” qui signifie, je vous laisse le temps de cette phrase pour  deviner… Oui, bien ! Grenouille. C’est aussi simple que ça.

Ensuite, ce serait bien de vous présenter qui sont les papas de Kaeloo. C’est donc un dessin animé créé à la base par Rémi Chapotot et Jean-François Henry (Les Daltons, Tous à l’Ouest etc.), basé sur une idée originale de Vincent Burgevin. La partie animation en 3D est assurée par Rémi Chapotot et Antoine Rota. Le tout est produit par Cube Creative Computer Company, une jeune société créée en 2002 qui a aussi réalisé la série Piggy Tales - Pigs at Work. Le pilote a été co-produit avec une société japonaise, Qualia and Co., et a été présenté en avant-première lors du festival d’Annecy en 2007. Il est un chouille plus violent que la série elle-même mais annonce bien la couleur quant au ton qui sera donné par la suite.

Cette série est diffusée depuis juin 2010 sur Canal + ainsi que sur Canal + Family et depuis 2014 sur Teletoon +. Elle est composée d’épisodes très courts d’environ 7 à 8 minutes, plus un épisode spécial Noël, (Si on jouait à l’épisode très spécial ?, de 25 minutes) où nos amis s’amusent à inventer des jeux, tous plus loufoques les uns que les autres.

Kaeloo, ce sont trois saisons comptant chacune une cinquantaine d’épisodes où nos héros vivent des aventures toutes plus déjantées les unes que les autres et font le plaisir non seulement des petits, mais aussi des grands.

Bonzour les zamis !

Nous voici au pays Trop Mignon où vivent de drôles de petits animaux anthropomorphes. Il y a une jeune grenouille du nom de Kaeloo qui orchestre tous les jeux, est très sérieuse, voire moralisatrice, et adore les fleurs. Si on a le malheur de la contrarier, notre mignonne petite zozoteuse se transforme illico en un crapaud énorme et belliqueux du nom de Bad Kaeloo. Et là, attention, on enlève le “mi” de “mignon” et on passe au gnons tout court, car ils fleurissent à tout va.
Nous avons également un écureuil détonant d’hyperactivité, de débilité et d’idées absurdes : j’ai nommé Moignon. Lui, c’est le geek accro aux jeux vidéo et aux BD, surtout à Mister Cool Skin. Il a la comprenette difficile et est l’exemple tout désigné pour illustrer l’idiome : Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Passons à Coin-Coin, ce canard en couches qui n’a que des “coin” au bec. Super génie élevé en laboratoire, il a la particularité d’être immortel et il ne bronche sous aucun sévice corporel. Accro aux yaourts natures, il passe son temps à s’en enfiler des dizaines à la seconde en une inlassable régularité.

Je finis par le plus mytho, le plus sadique : j’ai nommé Monsieur Chat. Ce félin à la voix grave passe son temps à pourrir la vie de ses amis et à tenter de dégommer Coin-Coin de toutes les façons possibles : bazooka, tronçonneuse, etc. Il est le principal antagoniste et fait tourner les jeux au vinaigre car son kiff est de réveiller Bad Kaeloo.

Plus on est de fous, plus on rit !

Après la première saison entièrement centrée sur nos quatre protagonistes que j’ai cités plus haut, les créateurs ont décidé d’ajouter trois autres personnages dès la deuxième saison.

Ils ont commencé par apporter une touche féminine à l’ensemble. Car Kaeloo a beau être une grenouille, les spectateurs, tout comme ses amis, ne savent pas trop quel est son sexe. Elle semble le décider en fonction des situations ou quand ça l’arrange.

Et c’est ainsi que le duo Pretty - Eugly a fait son entrée. Ce sont deux lapines roses : l’une mignonne et superficielle, l’autre plutôt du genre videur de boîte de nuit et au cœur sensible malgré son apparence carrée. Si Pretty ne pense qu’à la mode, aux réseaux sociaux et à Monsieur Chat, Eugly, elle, est plutôt simple et douée de talents cachés et ne s’exprime que par borborygmes. Elle est folle amoureuse de Coin-Coin, qui le lui rend bien.

Enfin vient un autre antagoniste, un manchot-empereur mégalo du nom d’Olaf qui passe son temps à vouloir dominer le pays Trop Mignon. Il est accompagné d’Olga, son épouse, qui est accessoirement un glaçon sous cloche et de son fidèle robot-frigo du nom de Sergueï.

Si on jouait à… parodier la réalité

Le principe de chaque épisode est que l’un des protagonistes, souvent Kaeloo, propose de jouer à un jeu. Car la vie de ces bestioles est un jeu perpétuel où leur imagination n’a de limites… que leur imagination justement, donc ça peut partir très loin. En général, ils ont tendance à reproduire des situations de la vie réelle plutôt vue de manière enfantine, mais bien identifiable par les adultes. Et ça peut faire mal. On y voit moults sujets évoqués  : l’écologie, les réseaux sociaux, la famille etc.

Par exemple, Si on jouait au McDaube est une évidente critique de la restauration rapide. On y trouve M. Chat qui décide de lancer un fast food en ignorant purement et simplement les règles d’hygiène les plus élémentaires. Oui, car quand on voit des saucisses ramper toutes seules, il y a de quoi se faire du souci pour sa santé…

Dans Métro, boulot, dodo, on se voit, nous, les parents dans la situation que nous vivons quotidiennement.  Courir pour aller bosser, emmener les gosses à l’école, trimer comme des tarés et voir les gamins nous sortir qu’on s’en fiche d’eux et qu’on ne fait rien. Bref, le bonheur.

Tout contribue à nous offrir un miroir parfois dérangeant de notre réalité. Si Kaeloo est l’esprit bien pensant, véritable Bisounours des jeux, M. Chat s’attèle, quant à lui, à nous montrer les pires aspect de l’être humain. Pour lui, tout est bon pour arnaquer les gens, se faire du blé, comme il le dit si bien, ou tout simplement pourrir la vie de son prochain par pur plaisir. Il est le petit démon intérieur, cette petite voix qui pousse à détourner la loi. D’ailleurs, il revendique lui-même son amitié avec le Diable, c’est dire.

Déjanté, vous avez dit déjanté ?

Dans cette série, les jeux les plus anodins se transforment tous en un joyeux foutoir où les temps morts se font rares, où tout part dans tous les sens pour nous offrir un régal de folie pure.

Un simple jeu de balle au prisonnier se transforme et véritable massacre et Moignon, mis sur la touche, devient complètement dingue à vouloir sortir de sa prison et nous fait un trip du genre Prison Break, vous savez, le gars qui a tatoué la carte sur son torse. Eh bien Moignon, lui, s’est tatoué un beau rectangle sur son torse d’écureuil... Vous comprendrez en regardant.

Un match de basket tout ce qu’il y a de plus simple ne peut pas se finir sans un bon dérapage vers la formation d’un groupe de rap pour que Moignon puisse devenir un vrai crac dans le sport du ballon à rayures. Tout le monde sait que tous les rappeurs savent jouer parfaitement bien au basket, voyons !

L’action est dynamique et ne nous laisse pas un instant de répit, nous bombardant de gags survitaminés qui nous font nous fendre la poire. Et la double lecture contribue à faire rire enfants et adultes, mais pas forcément pour la même chose. De manière tout à fait subtile, nous avons même parfois droit à un humour assez graveleux, et on en redemande. Certes, la violence est présente, mais elle est tellement bien instillée que ça passe comme une lettre à la poste et sans dommages, vu que c’est un cartoon aux traits adorables et qu’on pourrait presque voir un Coyote poursuivant son Bip-Bip, mais avec des armes plus sophistiquées. Gamins et parents en redemandent.

La Pop culture dans tous ses états

Kaeloo est une source inépuisable de références à la pop culture. Il ne se passe pas un épisode sans qu’on ne voit une allusion plus ou moins subtile s’incruster dans le paysage.

Déjà, à qui vous fait penser notre petite grenouille qui se transforme en Bad Kaeloo à la moindre contrariété ? Vous ne trouvez pas ? Il est vert, il est fort, il a un vocabulaire peu fourni et sort d’un comics. Eh oui, c’est un hommage au personnage de Hulk, bien sûr ! Si c’est pas de la pop culture, ça, je ne m’y connais pas.

Et puis si je vous dit Gogol Map, Happy Rotter, Retour vers le super futur, Gaga du trône et j’en passe, je suis persuadée que vous saisissez tout de suite à quoi nos fous furieux de l’humour on voulu faire allusion.  

Car tout y passe : le cinéma, on voit de nombreuses allusions à des films, genre Pirates des Caraïbes. On y trouve de la télévision, comme la télé réalité avec The Voice ou même des séries télé populaires avec des dragons et des zombis pour ce citer qu’elle. On a même droit à la littérature, car notre ami Kaeloo aime lire, surtout les aventures du sorcier à la cicatrice. L’animation est aussi de la partie, puisqu’on peut voir Coin-Coin déguisé en Songoku à un moment.  Et enfin les jeux vidéo, on voit M. Chat déguisé en Kirby et Coin-Coin en Super Mario par exemple.

Alors à nous de bien fouiller pour ne rien rater de tout ce que nous ont concocté de plus jouissif nos créateurs à l’humour déjanté ! Les hommes derrière les animaux s’éclatent et ça se sent, car on se bidonne tout autant qu’eux à regarder leur œuvre.

Un doublage qui fait triper

Mais que serait une série sans ceux qui prêtent leurs voix aux personnages, hein ? Ben pas grand chose. Si le jeu d’acteur était nul, tout l’humour du monde ne suffirait pas à sauver le navire.
Kaeloo est interprétée par Emmanuel Garijo, un doubleur très actif, il prête notamment régulièrement sa voix à Liam Hemsworth ou encore Chris Pine et fait la voix off de Skyrock. Il a donné à notre batracien une petite voix zézayante absolument adorable et qui colle parfaitement au personnage. Il fait aussi la voix off qui présente les titres.

Rémi Chapotot n’est pas que le créateur de la série, il prête aussi sa voix à trois personnages, oui vous lisez bien, trois ! Tout d’abord, il y a Moignon à qui il donne une voix aiguë et agaçante, parfaite pour ce petit écureuil survitaminé qu’il a incarné juste parce qu’il voulait montrer ce qu’il voulait et a été enrôlé d’office. Personnellement il me fait triper. Il fait ensuite Coin-Coin et ses “coin” répétitifs mais non moins expressifs. Et enfin, il aide Eugly à s’exprimer dans le peu de borborygmes et de grognements qu’elle produit. C’est beau la polyvalence.

M. Chat est doublé par Philippe Spiteri. Peut-être n’est-il pas très connu, mais il donne à son personnage félin une indéniable dimension ainsi que le sentiment qu’il est un peu, voire beaucoup, différent de ses camarades. Il a un je ne sais quoi de plus mature, et flippant, qui transparaît bien dans ses cordes vocales.

N’oublions pas Dorothée Pousséo qui prête sa voix à la superficielle lapine Pretty. Cette doubleuse renommée a prêté sa voix aux soeurs Holsen. Elle lui donne un accent snob et prétentieux à souhait qui peut devenir vulgaire dans certaines circonstances.

Enfin, nous avons Olaf qui est doublé par le génial Féodor Atkine, qui est l’un de mes doubleurs français préférés. Si, si, je sais que vous le connaissez. Si je vous dis Elrond ou encore Dr House, ça vous parle ? Oui, c’est lui ! Il offre à Olaf un accent russe à couper au couteau et nous fait profiter de magnifiques tranches de rire.

On sort de la télé et on envahit la BD

Alors, pour le moment, il n’y a pas encore été question d’un long métrage, mais personnellement j’espère qu’il y en aura un. Oui, parce qu’’ils ont quand même poussé jusqu’à 25 minutes, ils pourront peut-être un jour aller jusqu’à 90 minutes environ.

Mais il s’avère qu’en avril 2018, sortira manifestement une BD au nom sobre de Kaeloo, c’est Moignon qui va être content. Loïc Nicoloff sera au scénario et Romain Pujol, qui a travaillé sur la BD des Lapins Crétins, sera aux dessins.

Alors quant à savoir si ce seront des histoires inédites ou  bien des reprises des aventures à la télé, je ne saurais le dire. Cependant, je me dis qu’il serait plus intéressant d’un point de vue artistique de créer des histoires inédites. En outre, les responsables étant différents de ceux du dessin animé, il y a fort à parier que ce seront des aventures encore jamais vue à l’écran. À voir en avril, donc.

Irrévérencieux, caustique, hilarant, Kaeloo est une dose survitaminée de bonne humeur et d’ironie. Précipitez-vous sur Canal + ou Teletoon + pour prendre votre dose quotidienne. Je n’ai qu’une chose à dire : c’est diiiiiiingue !

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