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Cowboy Bebop : Le blues du samaritain galactique

Dans un voyage jazzy aux confins de la galaxie, quatre individus parcourent l’univers à la recherche de nouvelles primes.

L’année 1998 est une année importante pour le studio Sunrise. Déjà très prolifique dans le milieu de l’animation japonaise (Mobile Suit Gundam, Code Geass, Nicky Larson…), il produit cette même année plusieurs séries dont une reste encore aujourd’hui une licence de science-fiction culte : Cowboy Bebop. Sous ce nom qui évoque le western et la musique se cache une aventure au goût doux-amer, partagée entre beaucoup de genres.

En une année de diffusion, Cowboy Bebop s’est rapidement fait une réputation de série d’animation à ne pas manquer. En mélangeant la science-fiction, le western spaghetti et le film noir, la série n’en est pas pour autant décousue et arrive à nous donner une ambiance particulière, qui est l’énorme force de la série. Ce travail est l’oeuvre de Shin’ichiro Watanabe, qui est également le réalisateur de l’OAV Macross Plus et de la série Samuraï Champloo.

Poétique, romantique, brassant beaucoup de thèmes et proposant un savoureux mélange de genres, l’univers de Cowboy Bebop s’est retrouvé aussi sur grand écran, avec un film d’animation paru en 2001 et se déroulant entre deux des épisodes de la série d’animation. Il y a eu également un jeu de tir comparable à Starfox 64 sur Playstation 1 et un jeu d’action paru sur Playstation 2, tous deux parus uniquement au Japon. La série s’est également vue adaptée en mangas en 1999, en trois volumes.

"I’m a poor galactic cowboy"

Cowboy Bebop se déroule dans l’espace aux alentours de l’an 2071. L’humanité a découvert les voyages supraluminiques grâce à ce que l’on appelle des « Gates », qui sont de gigantesques portes circulaires faisant office d’autoroutes spatiales pour circuler dans le cosmos. Hélas, un souci avec la Lune et une Gate à détruit la surface de la Terre, rendue inhabitable et ressemblant davantage à une décharge post-apocalyptique qu’autre chose, ce qui à poussé la colonisation spatiale.

La société humaine, alors développée sur plein d’astres, continue ses habitudes : commerce, divertissement, mais aussi crime. Et comme la police galactique n’a pas forcément les yeux de partout, des chasseurs de prime existent pour traquer, morts ou vifs, les plus gros criminels de la galaxie, tout en étant tenus informés par une émission télé qui décrit les plus grosses primes du moment.

C’est justement la vie d’un chasseur de prime que l’on va suivre. Spike Spiegel, un dandy décontracté, erre avec son ami Jet Black dans leur vaisseau (le Bebop) pour traquer la prochaine prime qui leur permettra au minimum de manger. C’est à bord de celui-ci et lors de leurs filatures qu’ils vont rencontrer de nouveaux camarades comme Faye Valentine, l’arnaqueuse amnésique, Ed la jeune hackeuse orpheline, ou encore Ein, un corgi élevé en laboratoire doté de capacités intellectuelles inhabituelles mais agissant généralement comme un chien tout à fait banal.

“See You, Space Cowboy.”

La série part globalement sur le même schéma à chaque épisode. Spike et ses amis cherchent une nouvelle prime pour subsister, et tout le reste constitue la capture du criminel, qui est toujours présenté un minimum. Qu’il s’agisse de bandits écolos, d’un passeur de drogue, ou d’un être avec des facultés surnaturelles, rien ne résiste à l’équipage du Bebop et à ses membres hauts en couleurs.

Par ailleurs, certains épisodes ne traitent pas forcément d’une prime à obtenir ; même s’ils se suivent pas forcément, certains en profitent pour expliciter le passé des héros. Si Ed est à la recherche de sa famille et que Jet se rappelle de son passé policier, c’est Faye et Spike les mieux lotis et développés. Quand l’une est à la recherche d’un passé qui lui a été enlevé, c’est un passé plutôt trouble qui poursuit Spike, entre une femme fatale et un antagoniste partageant avec lui des liens mafieux.

Tout ce mélange est servi avec une animation impeccable, se permettant quelques références à Bruce Lee ou encore 2001 : L’odyssée de l’espace pour ne citer qu’eux. Mais c’est surtout un mariage qui se forme entre le visuel, l’ambiance détendue et solitaire du vide spatial, et une musique qui vient couronner un style comparable à Spike : détendu, mélancolique, solitaire, tel un Lucky Luke du XXIIe siècle ayant troqué la gâchette pour un style de combat gracieux et un charisme à toute épreuve.

“You’re gonna carry that weight.”

Au risque de se focaliser que sur ce point, Cowboy Bebop est vraiment une série d’animation très portée sur l’ambiance. Comme la musique est une composante de l’oeuvre de Watanabe, et que Samuraï Champloo s’accompagnait du regretté Nujabes et ses sonorités hip-hop allant vers le trip-hop, Cowboy Bebop met en scène les sonorités dansantes du groupe The Seatbelts! dès l’opening. Pour la petite anecdote, la leader de cette formation n’est autre que Yoko Kanno, compositrice new wave très appréciée de réalisateurs comme…. Yoshiyuki Tomino (Mobile Suit Gundam), Watanabe, et Shôji Kawamori (Macross).

Quand les balades à l’harmonica accompagnent le Bebop dans sa routine, il arrive aussi que les cuivres et les percussions s’activent quand notre dandy de l’espace donne et reçoit des coups ; tel un Lupin the Third du futur, la musique parvient à rester dansante et rythmer l’action. D’ailleurs, le jazz qu’écoute le pilote Io Fleming dans Mobile Suit Gundam : Thunderbolt rappelle les envolées d’action de Cowboy Bebop.

Même si les autres formats mentionnés en début d’article (hormis le film, que l’on peut voir comme un grand épisode) n’ont pas cette même harmonie sonore et visuelle, la série ne recourt pas toujours aux dialogues pour présenter quelque chose : une image, un plan, une musique suffisent. L’image parle d’elle-même de manière implicite, et toute cette richesse de détails offerte au spectateur est loin de faire de Cowboy Bebop une oeuvre acquise au premier visionnage.

Cowboy Bebop est une symphonie de l’animation. Quand l’espace devient une salle de concert, et que ses explorateurs viennent jouer leur mélodie. Quand les cowboys pilotent leurs chevaux mécaniques, et galopent dans la poussière d’étoiles. Et que dans cette immensité silencieuse, des hommes et femmes cherchent leur place et une vie meilleure.  Qu’importe leur destination : le plus important reste le voyage. Mais quel voyage.

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