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Kaamelott, Arthur au pays des bras cassés

Nombre de téléspectateurs ont hurlé de rire face aux péripéties de chevaliers peu doués et d’un roi au bord de la dépression. Voici Kaamelott.

C’est le 3 janvier 2005 que les Français découvraient avec étonnement et curiosité une nouvelle série qui succédait aux péripéties des employés de bureau qui composaient le casting de Caméra Café. Kaamelott allait-elle faire autant rire ? Surprendre ? Elle fit plus, elle embala.

Kaamelott, c’est l’histoire d’une quête...

Le roi Arthur (Alexandre Astier) est chargé par les Dieux de rechercher le Saint Graal. Il est pour cela épaulé par les Chevaliers de la Table Ronde. Le seul souci est que ces chevaliers ne sont pas ce que j’appellerais des cadeaux. Entre le philosophe à la petite semaine accro à la nourriture, le naïf simplet, les gamins attardés, le magicien qui rate ses sorts et j’en passe, il y a de quoi devenir dépressif.

Tout ce petit monde évolue dans le château de Kaamelott où la vie s’organise autour du roi qui doit composer avec les doléances de ses chevaliers, sa femme qui ne l’emballe pas franchement, ses beaux-parents qui le gonflent et ses maîtresses qui lui apportent un peu de réconfort.

C’est à se demander si la quête du Graal sera un jour un succès, vu comme le pauvre monarque est aidé par ses gens.

Les débuts de Kaamelott

En 2002, un homme aux multiples talents (mais j’y reviendrai plus tard) nommé Alexandre Astier décide de réaliser un court-métrage du nom de Dies Iræ qui parle de la légende d’Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde. On y découvre un Arthur dépassé par la bêtise de ses chevaliers et de son magicien, Merlin.

L’oeuvre remportera plusieurs prix, notamment le Prix du Public 2003 du festival Off-Courts à Trouville, le prix spécial du Jury 2003 à Meudon, ou encore le Prix du public du court métrage francophone au festival Comédia / Juste pour rire de Montréal.

Fort de ce succès, notre homme décide alors de tourner 6 autres épisodes d’environ 5 minutes et de les présenter en espérant pouvoir séduire. Et ça tombe bien, puisque Caméra Café vient de laisser un créneau ouvert après 2 ans de bons et loyaux services. La société CALT cherche donc du sang neuf pour combler ce vide. Et elle se retrouve emballée par Kaamelott. Elle commandera à Astier un format très court de 3 minutes 30 qu’elle présentera à M6 qui sera à son tour séduite et commandera 100 épisodes à son créateur.

Une aventure créée de A à Z par un homme

Kaamelott ne serait rien sans les efforts d’un seul homme qui porte sur ses épaules toutes la série, rien que ça. Alexandre Astier est un homme complet qui a plusieurs cordes à son arc, tellement que ça en donne presque le tournis. En effet, il est à la fois scénariste, acteur, réalisateur, écrivain, humoriste, compositeur et interprète. Alors quoi de plus naturel qu’il porte plusieurs casquettes pour créer l’oeuvre qui l’a consacré aux yeux des Français ? Il officiera donc comme scénariste (à quelques rares exceptions près), acteur en la personne du roi Arthur et réalisateur pour coller au mieux à l’image qu’il se fait de sa création.

Et comme il a une formation musicale, notre homme n’hésite pas à mettre également la casquette de compositeur-interprète de la série. Toutes les musiques sont signées Astier et collent ainsi exactement à l’esprit qu’il a voulu insuffler à la série, c’est aussi lui qui les interprète. (Suis-je la seule à béer de saisissement devant tant de spécialités ?) Eh oui, il vérifie l’adage selon lequel on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Kaamelot, une histoire de famille

Ce que je trouve amusant également, c’est que la famille d’Alexandre Astier participe à l’aventure. Et ce ne sont pour la plupart pas des apparitions furtives, puisque son père Lionnel Astier,  joue le rôle de Léodagan, son beau-père. Sa mère, Joëlle Sevilla, joue le rôle de Séli, sa belle-mère. Sa belle-mère, Josée Devron, joue Ygerne, sa mère. En outre, son demi-frère, Simon Astier, joue le rôle de son beau-frère, messire Yvain, le gamin attardé. Oui, je sais ça fait un peu mic mac mais c’est assez amusant je trouve.

Outre ces apparitions familiales récurrentes, d’autres membres de la famille mettent la main à la pâte. Ainsi, sa femme, Anne-Gaëlle Daval, est la costumière de la série. Et pour finir, dans le rôle des enfants de Karadoc et Mevanwi, nous découvrons ses propres enfants : Ariane, Jeanne et Neil.  Ce dernier incarne également Arthur enfant (en même temps, on ne pouvait pas trouver plus proche pour ce rôle). Ethan, le petit dernier, quant à lui, interprète le rêve d’enfant du roi Arthur.

Des personnages à foison

Dès le départ, que ce soient les chevaliers, les membres de la famille du roi ou encore les intervenants extérieurs, nous avons pas mal de monde en scène. Sans compter que certains intervenants ponctuels sont devenus récurrents et ont pris plus d’ampleur. Et c’est avec tout ce petit monde que nous avons le plaisir de voir évoluer la cour du royaume de Kaamelott.

Au départ, voir autant d’intervenants dans un si petit format a de quoi faire un peu peur. Car on se dit que l’on ne va jamais pouvoir se retrouver au milieu de la famille du roi, de ses chevaliers, ses maîtresses, des paysans, des autres monarques et de toute cette joyeuse bande.

Mais s’ils sont nombreux, tous les personnages n’en sont pas moins très facilement identifiables de par leurs personnalités toutes très différentes et tranchées. Chacun a ses défauts, sa façon de s’exprimer qui lui est propre et on prend plaisir à les suivre dans leurs pérégrinations, leur interaction avec le roi ou même les conversations entre eux.

Des répliques devenues cultes

Si j’ai bien retenu une chose de cette série, ce sont bien les répliques que je trouve hilarantes et qui m’ont vraiment marquée à jamais. Ne me dites pas que vous ne connaissez pas une seule d’entre elle, parce que je suis sûre du contraire.

Quand j’entends parler de Kaamelott, il me vient donc immédiatement des dialogues en tête. Le fameux “c’est pas faux” de Perceval le Gallois, ou encore son “je veux être considéré comme tel” qui rend chèvre le pauvre roi Arthur. Karadoc et son “Le gras c’est la vie” a aussi été pas mal repris. Et le “on en a gros” du duo Karadoc et Perceval (encore eux) est, je crois, digne de rester dans le vocabulaire commun.

Toutes ces répliques absolument savoureuses nous font sourire ou même carrément hurler  de rire et rendent les personnages encore plus vivants et proches de nous je trouve. Regardez sur Internet, je suis sûre que vous trouverez toute une flopée de citations qui vous feront dresser l’oreille ou vous arracheront un sourire.

Une histoire qui s’assombrit au fil du temps

Si, au tout début, le ton de la série était franchement comique et nous faisait beaucoup rire avec ses répliques savoureuses et ces personnages ubuesques, on constate une évolution notoire au fil des saisons.

En effet, à partir de la saison 4 environ, le ton commence à devenir plus grave, les thèmes également. Certes, il y a toujours les éternels mêmes bras cassés qui apportent un peu de légèreté à l’ensemble, mais les intrigues et les rivalités s’installent vraiment pour nous montrer un tout autre aspect du royaume d’Arthur. Les histoires deviennent plus torturées, les intrigues plus prononcées et on se demande si Arthur va un jour pouvoir enfin s'emparer du Saint Graal.

Car le monarque devient de plus en plus amer au fil des saisons, il semble de plus en plus découragé, dépressif, torturé, mal dans sa peau et supporte de moins en moins bien son rôle de roi.

Pourtant il fallait s’y attendre, car Alexandre Astier n’avait pas fait de secrets et avait prévenu qu’il envisageait de faire évoluer son oeuvre vers le domaine de la comédie dramatique. Il n’a donc jamais menti sur la marchandise. Alors cela a pu déstabiliser certains fans, mais ce changement est totalement assumé et voulu par l’auteur lui-même. Le plan était tout tracé dans sa tête.

Un format qui évolue

Et comme pour appuyer le changement de ton de la série, le format se fait plus long. Les épisodes duraient à l’origine 3 minutes 30 et n’avaient aucun lien logique entre eux et pouvaient donc se voir dans n’importe quel ordre. Ils sont ensuite passés brièvement à 7 minutes, puis à un format beaucoup plus long, puisqu’ils faisaient ensuite 52 minutes. En revanche, pour une diffusion plus facile, ils ont été scindés en petites parties et formaient ainsi un “tout” avec une suite. Il devenait alors plus compliqué de suivre l’histoire et de comprendre le tenants et aboutissants de l’intrigue si on ratait un épisode.

Si M6 a tenu à garder un format d’épisodes courts, elle a quand même joué le jeu des épisodes longs, puisque quelques uns d’entre eux ont été diffusés en première partie de soirée. Ils constituaient ainsi une sorte d’épisodes évènement.

Alors qu”il devait y avoir en tout 7 “livres”, c’est ainsi que se nomment les saisons, Astier a décidé de couper court et d’arrêter à 6 livres sa série pour pouvoir passer à une étape encore plus importante : le cinéma. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu.

Des films en préparation ?

Alors qu’Alexandre Astier voulait s’orienter vers le cinéma et sortir 3 films afin de clore la série, notre auteur a été confronté à un imprévu : un souci d’ayants-droits avec la société CALT, vous vous souvenez d’elle ? Celle qui a proposé la série à M6.

Ces problèmes juridiques vont quand même prendre la bagatelle de 6 ans avant d’être enfin réglés et de voir s’établir un terrain d’entente. C’est donc en 2015 que tout va rentrer dans l’ordre et qu’Alexandre Astier va enfin pouvoir récupérer les droits de sa série.

Puis des rumeurs sur une possible mise en branle de la production des fameux films dont on attend la diffusion sur grand écran s’est mise à courir. Des messages d’Astier sur Twitter abondaient d’ailleurs dans ce sens. Et c’est fin 2016 que l’on apprend de la bouche même du papa de Kaamelott que le tournage du film devrait débuter en janvier 2017. L’attente ne devrait plus être longue pour obtenir de plus amples détails

Série qui a marqué de nombreux fans, Kaamelott a donné un petit coup de neuf dans les feuilletons humoristiques français. Si vous n’avez jamais vu les aventures d’Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde à la sauce Astier, n’hésitez plus, foncez !

1 commentaire

  1. Guigui
    Le 07 mars 2018 à 10:07

    Sauf que depuis, le tournage n'a toujours pas débuté et il y a un soucis de budget à présent... L'arlésienne quoi...

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